Ashtanga - L'Arbre du Yoga

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Yoga Shanti

 

 

L’arbre du Yoga

 

 

Pour faire pousser une plante, on commence par creuser le sol, enlever les cailloux et les mauvaises herbes et ramollir la terre. Puis on enfouit la graine et on l’entoure avec la terre molle, si délicatement que lorsque la graine s’ouvrira elle ne sera pas endommagée par le poids de la terre. Enfin, on arrose un peu la graine et on attend qu’elle germe et qu’elle  croise. Au bout d’un ou deux jour une pousse sort de la graine, grandit et devient une tige. Puis la tige se divise en deux branches et produits des feuilles. Elle se développe régulièrement jusqu’à devenir un tronc et produit des branches dans diverses directions avec de nombreuses feuilles.

 

De la même façon, l’arbre  du soi nécessite des soins. Les sages d’antan, qui firent l’expérience de la contemplation de l’âme, en découvrirent la graine dans le Yoga. Cette graine a huit segments qui, au fur et à mesure que l’arbre grandit, donnent naissance aux huit membres, ou étapes, du Yoga.

La racine de l’arbre est Yama, qui comprend les cinq principes de ahimsã = non-violence, satyã = vérité, asteya = absence d’avarice, bramacharya = contrôle du plaisir des sens et aparigraha = absence de convoitise et de possession au-delà de ses besoins. Observer yama discipline les cinq organes d’action, à savoir les bras, les jambes, la bouche, les organes de reproductions et les organes d’excrétion. Evidement, les organes d’action gouvernent les organes de perception et le mental – si on a l’intention de faire du mal mais que les organes d’action s’y refusent, le mal ne sera pas fait. Aussi les yogis commencent-ils par maîtriser les organes d’action ; yama est donc la racine de l’arbre du Yoga, parce qu’elle est le fondement à partir duquel tout le reste se développera.

 

Voyons comment on retrouve les principes de yama dans l’exécution d’un asanã.

 

 

 

Supposez qu’en exécutant un asanã vous vous étiriez davantage du côté droit et moins du côté gauche. Une situation immorale s’installe alors dans le corps. Il y a violence du  côté droit où vous sous étirez davantage, tandis que le côté gauche où l’étirement est moindre semble être non-violent. Du côté droit vous êtes violent parce que vous vous dites : « Fais ton maximum ! Étire-toi autant que tu le peux ! » C’est une violence délibérée parce que vous vous étirez à l’excès ; Du côté gauche, où vous ne vous étirez pas autant, vous vous imaginez peut-être que vous n’êtes pas violent. Mais quelqu’un qui pratique le yoga intelligemment observe qu’en même temps qu’il se fait violence consciemment d’un côté, il se fait violence inconsciemment de l’autre. Parce que le côté droit à plus de possibilités et s’étire davantage vous utilisez bien les cellules du corps de ce côté-là, tandis que du côté gauche vous n’utilisez pas vos cellules au maximum ; Bien qu’apparemment cela soit non violent, il s’agit bien aussi d’une violence car les cellules meurent quand elles n’accomplissent pas leurs fonctions comme elles le devraient. Ainsi il y a manifestement violence délibérée d’un côté et violence non délibérée de l’autre.

Si vous n’allongez pas davantage le côté droit et si le côté gauche ne s’étire pas autant, ne devriez-vous pas observer la dualité entre la droite et la gauche et vous servir du côté gauche intelligemment pour le mettre au niveau du droit ? Cela s’appelle équilibrer violence et non-violence et à ce moment là la violence te la non-violence disparaissent toutes les deux. Ce qu’il faut, c’est intégrer les côtés droit et gauche l’un à l’autre, car la véritable non-violence, c’est cet équilibre entre les deux côtés.

Quand la droite et la gauche sont intégrées, on se trouve en présence de la vérité, qui est le second principe de yama. Inutile d’observer le principe de la vérité, vous êtes déjà dans la vérité parce que vous ne l’éludez pas en ne faisant pas travailler suffisamment le côté faible. Et quand il y a étirement total dans l’asanã, il y a une compréhension et une communication formidables entre les cinq enveloppes du corps, du physique au spirituel et du spirituel au physique. Ainsi, les sensations physiques, les fluctuations mentales et la contemplation intellectuelle sont maîtrisées, et c’est brahmacharya = contrôle du plaisir et des sens. Brahmacharya signifie que l’âme se meut avec vos actes. Quand l’âme et le mouvement ne font plus qu’un, c’est ce qu’on appelle brahmacharya.

Parce que vous appliquez toute votre attention à exécuter la posture symétriquement à droite et à gauche, il n’y a ni attachement ni avarice, car lorsque l’âme se meut avec intelligence dans le corps, il n’y a rien à posséder, rien à chercher. On est aussi libéré de la cupidité parce que la motivation disparaît. Quand la motivation disparaît, la possession disparaît aussi, et avec la non-possession, c’est également la fin de la cupidité.

Voiçi les principes de yama tels qu’ils apparaissent dans l’exécution de tous les asanãs. C’est ce qu’on appelle discipline morale dans l’exécution des asanãs.

 

 

 

 

B.K.S. Iyengar

 

 

 

 

 

Cours de Yoga – Chantal Wauters – Tel : +32 67 33 99 59